Breakout, le jeu vidéo sans lequel Apple n’aurait jamais existé


Quelques mois avant la création d’Apple, Steve Jobs et Steve Wozniak travaillaient chez Atari sur un titre devenu culte.

Ce n’est un mystère pour personne. En 43 ans d’histoire, Apple a, à de nombreuses reprises, tenté une incursion dans le marché du jeu vidéo. Créé en 1996 en étroite collaboration avec Bandai, la Pippin fut un échec commercial cuisant malgré une très jolie fiche technique tout droit héritée des ordinateurs de l’époque. Plus récemment, en 2019, le firme de Cupertino a lancé son service d’abonnement Apple Arcade. Fort d’un catalogue de plus de 100 jeux mobiles, Apple Arcade semble promis à un bel avenir s’il accueille régulièrement de nouveaux titres.

Peu de gens le savent, mais l’incursion de Steve Jobs dans les jeux vidéo date de bien avant 1996 et la Pipp!n. En effet, peu de temps avant la création de l’entreprise qui deviendra plus tard la plus riche du monde, Steve Jobs a travaillé pour un autre géant de l’électronique : Atari.

Steve Jobs n’a que 18 ans lorsqu’il obtient un emploi chez Atari, en 1974. Forte de l’énorme succès commercial de Pong, l’entreprise américaine compte plus de 35.000 bornes d’arcade vendues et un chiffre d’affaires de près de 40 millions de dollars. Nolan Bushnell, fondateur de la société, voit dans le jeune Steve un potentiel énorme et en fait vite son petit protégé, au grand dam de ses collaborateurs.

Nolan Bushnell, fondateur d’Atari.

Après un congé sabbatique de 7 sept mois qui le conduit en pèlerinage en Inde, Jobs revint chez Atari. La firme américaine, qui n’a plus conçu de frappé capable de se vendre par milliers depuis Pong, penche sur un nouveau jeu, Breakout. Ce nouveau titre se baserait sur le même principe que Pong, mais ne nécessiterait pas de second joueur. Bushnell confie alors la conception du circuit imprimé du titre à Steve Jobs, avec pour mission principale de réduire le plus possible le nombre de puces. En effet, les jeux de l’époque en comptent approximativement 150, et chaque composant supplémentaire dans le circuit d’un jeu coûte 100.000$. L’intérêt est donc double pour Atari qui, en plus réduire ses frais, pourrait compter sur un nouveau Best-seller. Pour cette réalisation, Nolan Bushnell promet à Jobs un bonus proportionnel au nombre de composants retirés.

Pour l’aider dans sa tâche, Steve Jobs fait appel à un ami de 5 ans son aîné, Steve Wozniak. Ce sera finalement celui-ci qui travaillera à la réduction du nombre de puces dans Breakout, tandis que Steve Jobs travaillerait sur la borne d’arcade. Celle-ci serait évidemment fort semblable à celle de Pong. L’écran restait en noir et blanc, mais un cache était déposé dessus pour apporter une teinte monochrome aux briques. Le jeu profite quant à lui de deux niveaux, une nouveauté pour l’époque. Wozniak achève la conception en un temps record, 4 jours, et parvient à réduire le nombre de composants de plus du tiers, pour finalement atteindre 44 puces. Jobs propose alors à son acolyte de couper la poire en deux et de recevoir 350$ chacun. En réalité, Steve Jobs reçut en tout et pour tout 5000$, qui contribuèrent à la création d’Apple Computer un an plus tard.

Reproduction à l’identique de ce à quoi ressemblait Breakout sur borne d’arcade.

Breakout sortira finalement en mai 1976 et fut un succès incroyable. Plus de 11.000 bornes d’arcade équipées de Breakout furent produites au lancement de la production. Sa jouabilité en solo contribua à son succès, même s’il était toujours possible d’y jouer à deux. Deux ans plus tard, Breakout sera adapté en version cartouche sur Atari 2600, et fera partie des vendeur de système de la console. Une suite sera plus tard produite, sous le nom de Super Breakout. Vendu comme jeu de lancement de l’Atari 5200, Super Breakout offrait quant à lui 3 modes de jeu différents.

Si l’épopée de Steve Jobs au sein d’Atari lui confèrera une grande expérience, elle lui permit également de faire la connaissance de nombreuses personnes. Il devint ainsi ami avec le dessinateur Ronald Wayne, qui fut avec Jobs et Wozniak co-fondateur d’Apple et le concepteur du premier logo de la firme pommée.



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