La reprise économique en K menace les minorités américaines


Manifestation en faveur des aides aux petits commerces, le 12 décembre 2020, à Los Angeles.

En ce temps de pandémie, on reprendrait volontiers le slogan d’Yves Montand, dans une émission politique qui fit date, en 1984 : « Vive la crise ! » En tout cas, jamais les Américains n’ont été aussi riches, à en croire la Réserve fédérale. Leur patrimoine total atteignait, fin septembre, 123 520 milliards de dollars, soit six fois le produit intérieur brut. Une hausse de 7,6 % en un an et de 3,2 % en un trimestre, selon les statistiques publiées jeudi 10 décembre. Explication de la hausse : l’envolée de Wall Street, qui a permis en trois mois un accroissement de la richesse de 2 800 milliards, et la forte hausse de l’immobilier, à hauteur de 400 milliards – profitant des taux d’intérêt nuls pour s’endetter, les Américains fuient dans des maisons individuelles plus grandes, afin de se protéger du Covid-19 et d’y télétravailler.

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Pendant la crise, les revenus, qui avaient battu des records en 2019, se sont aussi envolés, en raison des plans d’aide colossaux décidés par le Congrès. Même si la plupart des aides fédérales se sont éteintes fin juillet, le revenu net des ménages était encore en octobre supérieur de 6,3 % par rapport à la moyenne de l’année 2019. C’est ce qui a permis à Donald Trump d’évoquer une reprise en V : forte chute et fort rebond de l’économie. La plupart des économistes ont prédit qu’il allait y avoir une reprise en racine carrée inversée : forte chute, semi-redressement suivi d’une stagnation. C’est ce qu’atteste le fort ralentissement des créations d’emplois (245 000 en novembre contre 610 000 en octobre), alors que seuls la moitié des 22 millions de jobs détruits en mars et avril ont été recréés.

« Un glissement vers le bas »

Dans ce contexte, le président élu, Joe Biden, a poursuivi la déclinaison de l’alphabet, et évoque une reprise en K, qui profiterait aux riches et pénaliserait les plus modestes. « Les économistes parlent d’une reprise en forme de K. Comme les deux lignes qui sortent d’un K, certaines personnes voient leurs perspectives monter en flèche tandis que la plupart des autres voient leur bien-être économique chuter fortement », a expliqué Joe Biden, le 1est décembre.

Avant le Covid, le chômage était tombé à 3,5 %, soit son niveau le plus bas depuis la fin des années 1960

« Pour ceux qui sont au sommet, les emplois sont revenus et leur richesse augmente. Par exemple, les ventes de maisons de luxe ont augmenté de plus de 40 % par rapport à l’année dernière. Mais pour ceux du milieu et du bas, c’est un glissement vers le bas. Il leur reste à savoir comment payer les factures et mettre de la nourriture sur la table. Près d’un locataire sur six était en retard sur le paiement du loyer à la fin octobre », a assuré Joe Biden, qui a promis de créer « une reprise pour tous » et de faire « progresser l’équité raciale ».

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