Apple vs Epic Games: un procès pour décider du futur des applications


En intentant un procès à Apple, Epic Games veut remettre en cause la toute puissance des plateformes dominantes. Avec pour enjeu le futur du business sur mobile.

Un procès historique s’est ouvert cette semaine à Oakland en Californie. Il oppose Jeux Apple et Epic, deux acteurs technologiques, mais surtout deux visions de l’économie des applications mobiles. Epic Games est l’éditeur du jeu-star Fortnite qui est l’un des plus gros succès du gaming des dernières années et un véritable phénomène chez les enfants et adolescents.

En intentant un procès à Apple, Epic Games veut remettre en cause la toute puissance des plateformes dominantes comme Apple et son Apple Store et Google et son Play Store. Ces catalogues d’applications sont devenus des vaches à lait pour les géants technologiques et laissent peu de place et de revenus aux créateurs des applications.



Epic Games a choisi de jouer le rôle de chevalier blanc et de partir en guerre face au géant Apple, accusé de fausser la concurrence et d’abuser de sa position dominante.

L’histoire d’amour entre Epic Games et Apple a pris fin en août 2020 lorsque l’éditeur de jeux a proposé à ses joueurs d’acheter la monnaie virtuelle de « Fortnite » à moindre frais s’ils passaient directement par leur système de paiement, et non par celui d’Apple, qui prélève une commission de 30 % sur ces transactions. La manœuvre ayant pour le moins déplu à Apple qui avait purement et simplement banni le jeu de son environnement. Depuis, c’est une bataille juridico-médiatique qui aboutit aujourd’hui à un procès au beau milieu de la Silicon Valley. Un lieu ô combien symbolique pour un procès qui pourrait avoir des conséquences majeures pour le futur de l’industrie numérique.

Coalition de frondeurs

Apple est accusé à travers ce procès de fausser la concurrence et d’abuser de sa position dominante. En créant l’Apple Store, l’entreprise fondée par Steve Jobs a créé une économie qui rapporte 500 milliards de dollars par an. Une économie fermée dont Apple maîtrise tous les aspects, de la commission qu’elle s’octroie à quelles applications sont mises en avant. Les applications maisons sont évidemment exemptées de commission et bénéficient d’une promotion sans pareil. De quoi agacer les développeurs qui jusqu’ici s’étaient tu, de peur d’être privés d’un marché de plus d’un milliard de consommateurs.

500

milliards $

En créant l’Apple Store, la firme à la pomme a créé une économie qui rapporte 500 milliards de dollars par an.

Epic Games a choisi de jouer le rôle de chevalier blanc et de partir en guerre face au géant Apple. D’abord fort seul, l’éditeur de jeux à succès qui rassemble 350 millions de joueurs dans le monde uniquement sur son jeu « Fortnite » peut désormais compter sur une coalition de frondeurs composée d’une douzaine d’entreprises, dont le service de streaming Spotify, sous l’appellation “Coalition for App Fairness”.

Trop dominant et trop gourmand

L’enjeu de ce procès est le futur du business sur mobile. Est-il acceptable que toutes les applications doivent se trouver dans un espace fermé qui est contrôlé uniquement par le créateur et gestionnaire du système d’exploitation du téléphone mobile? Pour de plus en plus d’acteurs du secteur, la réponse est non. Si l’idée de plusieurs magasins d’applications par système d’exploitation fait son chemin. Ce n’est pas demain la veille que cela arrivera sur un iPhone.



Est-il acceptable que toutes les applications doivent se trouver dans un espace fermé, contrôlé uniquement par le créateur et gestionnaire du système d’exploitation du téléphone mobile?

L’armée d’avocats d’Apple est en ordre de marche pour faire de cette bataille juridique un exemple pour les autres frondeurs. Au risque de perdre en chemin les millions de joueurs d’Epic Games? Un dommage collatéral qu’Apple semble prêt à assumer. Epic Games aura probablement du mal à prouver qu’Apple abuse de sa position dominante en imposant sa commission, mais le propriétaire de « Fortnite » trace la route pour les suivants qui scrutent avec le plus grand intérêt ce qui se passe actuellement dans la salle d’audience de la juge Yvonne Gonzalez Rogers dans la baie de San Francisco.



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