Piratage, 5G, fintech: le moment rêvé pour investir dans la cybersécurité ?


(Crédits photo : Unsplash - Jefferson Santos )

(Crédits photo : Unsplash – Jefferson Santos )

Microsoft, Twitter, Tesla ou encore Bombardier… mais aussi Sopra Steria, Eurofins et Edenred en France: on ne compte plus les entreprises de premier plan qui se sont déclarées victimes de cyberattaques au cours des derniers mois.

Ces actions criminelles s’avèrent souvent coûteuses pour les sociétés cotées en Bourse. Selon une étude réalisée par la société informatique canadienne CGI et le cabinet de recherche Oxford Economics, les groupes ayant subi des fuites de données perdent en moyenne 1,8% de leur capitalisation boursière suite à la divulgation de l’incident.

Le géant américain du conseil Accenture estime que le coût de la cybercriminalité organisée – notamment à travers la perte de chiffre d’affaires qu’elle induit – devrait représenter 5.200 milliards de dollars par an pour l’économie mondiale entre 2020 et 2025.

Un montant colossal, qui constitue également une formidable opportunité commerciale pour les spécialistes de la cybersécurité, un marché qui ne semble pas en manque de carburant.

A en croire les estimations de la banque d’affaires suisse UBS, le marché de la cybersécurité connaît actuellement une croissance proche de 10%, ce qui devrait lui permettre d’atteindre 175 milliards de dollars l’an prochain.

Le secteur bénéficie des investissements importants consentis par les entreprises en matière de transformation numérique, mais surtout de la généralisation du « cloud », qui les conduit à stocker de plus en plus d’informations sensibles en ligne.

L’avènement de la 5G – qui pourrait donner naissance à de nouvelles applications telles que les systèmes d’assistance à la conduite – requiert par ailleurs de nouveaux standards de sécurité visant à protéger la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité du réseau.

Parallèlement, l’essor rapide des technologies financières (« fintech ») et des paiements sur mobile rendent les internautes vulnérables à toutes sortes de menaces dites « cyber ».

D’après une récente étude menée par le spécialiste de la protection des données Veritas Technologies, 63% des entreprises financières ont déjà été la cible d’attaques de type « rançongiciel » (ransomware), contre une moyenne de 42% tous secteurs confondus.

Près d’un tiers (29%) des entreprises attaquées admet même avoir payé la totalité de la rançon demandée.

Avec, face à elles, des hackers qui se montrent de plus en plus gourmands.

Coveware – qui propose des services de réponse immédiate aux entreprises piratées – estime que le montant des rançons demandées a bondi de 60% entre les premier et deuxième trimestres 2020, pour s’établir à 178.250 dollars en moyenne.

Les derniers mois ont par ailleurs vu émerger des acteurs particulièrement agressifs, qui n’hésitent pas à déployer des stratégies complexes et qui disposent de moyens financiers importants: on les appelle les « Big Game Hunters ».

Leur approche leur permet de prendre pour cibles de grands groupes multinationaux, avec l’objectif de décrocher des rançons susceptibles de se chiffrer en millions.

Les cyber criminels ont également fait évoluer leur « modèle économique ». En plus de monétiser la disponibilité des données, ils exploitent maintenant leur confidentialité, menaçant les entreprises de les divulguer publiquement.

Dans un tel environnement, le passage au télétravail constitue un défi supplémentaire pour les experts en cybersécurité, avec un périmètre d’attaque qui s’agrandit puisqu’il inclut désormais la sphère domestique.

Mais si les chefs d’entreprise se déclarent de plus en plus préoccupés par les cyberattaques, leurs craintes ne donnent pas toujours lieu à des mesures concrètes.

Une récente enquête menée par PwC auprès de plus de 5000 dirigeants dans le monde révèle que moins de la moitié d’entre eux ont prévu d’augmenter de 10% ou plus leurs dépenses pour la cybersécurité et la confidentialité des données.

Une attitude prudente qui ne semble pas remettre en question la croissance du marché, qui devrait continuer à dépasser celle du secteur de la technologie dans son ensemble durant les années qui viennent.

Le canadien BlackBerry ne s’y est pas trompé. L’ancien fabricant de smartphones s’est reconverti dans la sécurité informatique lorsque le lancement de l’iPhone a fait plonger ses ventes de terminaux. Un pari qui lui a permis d’assurer sa survie et qui se révèle payant en Bourse: son cours a été multiplié par trois sur les 12 derniers mois.

Aux Etats-Unis, les géants Palo Alto Networks et Fortinet profitent eux aussi de cet engouement. Les deux titres affichent des gains de plus de 90% sur l’année écoulée, ce qui fait ressortir leurs capitalisations à respectivement 34 et 23 milliards de dollars.

En comparaison de ces deux poids lourds américains, le spécialiste français de l’électronique de défense Thales et ses 19 milliards d’euros de valorisation apparaît largement sous-évalué. Malgré une progression de 9% depuis le début de l’année, le titre se traite sur un PER de l’ordre de 14x qui semble encore très attractif par rapport à sa moyenne de 16x sur cinq ans.

Le secteur recèle aussi quelques pépites relativement méconnues. Le français Wallix – qui propose des solutions de cybersécurité « simples à mettre en oeuvre » – revendique ainsi plus de 1300 clients, dont Peugeot, et prévoit aujourd’hui de se développer à l’international.

Le groupe n’est pas encore bénéficiaire, mais vise la rentabilité d’exploitation au second semestre de l’exercice 2021. Si le cours de son action a déjà plus que doublé en un an, de bonnes performances pourraient le faire revenir en direction de ses plus hauts de 2018 (124,5 euros). Pour ne rien gâcher, la société semble également présenter le profil d’une cible de rachat éventuelle par un groupe de plus grande taille.



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