le deal qui pourrait tout changer


Inédit, le contrat signé entre Microsoft et le distributeur américain GameStop pourrait éroder la domination de Sony.

À chaque nouvelle génération de consoles, Nintendo désormais mis de côté par les particularités de sa Switch, c’est le même refrain: Microsoft et Sony s’embarquent dans une bataille homérique pour imposer leurs plateformes respectives dans les coeurs et salons des gamers.

Le marketing de Microsoft autour de ses deux nouvelles machines, la Xbox Series X et sa petite soeur Xbox Series S, ainsi que de leur écosystème à 360 degrés (l’insolente santé du Game Pass, une rétrocompatibilité quasi-totale, le xCloud pour le jeu en streaming) semble pour l’instant bien plus actif que celui, plutôt discret, de Sony.

Cela n’a semble-t-il guère empêché le géant japonais de remporter la guerre des précommandes aux États-Unis, et sans doute ailleurs dans le monde. Un signe que la marque PlayStation, écrasante et omniprésente, se suffit à elle-même pour continuer à dominer et pour cantonner Xbox dans son rôle d’outsider.

L’outsider a pourtant plus d’une corde à son arc, et des surprises ne sont pas à exclure. Un accord annoncé avec GameStop, grande chaîne de distribution américaine que la numérisation du marché et la croissance du e-commerce a placé en grande difficulté ces dernières années, pourrait ainsi contribuer à inverser la tendance.

Comme le rapporte Ars Technica, c’est une première: en échange d’une utilisation du cloud et de matériel Microsoft, GameStop recevra une part des revenus numériques (jeux, DLC, abonnements) liés à chacune des Xbox Series S ou X qu’elle vendra dans ses magasins.

Selon un analyste interrogé par le site, Justin Dopierala, ce pourcentage serait compris entre 1 et 10%: que la fourchette soit haute ou plus modeste, cette petite part du gâteau pourrait nettement aider GameStop à survivre à la numérisation de la consommation.

Cercle vertueux

Surtout, cela pourrait pousser la chaîne à mettre en avant les nouvelles consoles de Microsoft plutôt que celles de Sony. Notamment la version S, dépourvue de lecteur optique et donc dédiée au numérique -le genre de machine qu’un vendeur physique rechigne habituellement à vendre à sa clientèle.

Puissante mais moins coûteuse que la Xbox Series X et que la PS5, celle-ci peut être perçue comme le meilleur atout de Microsoft pour faire entrer un maximum de gamers dans son écosystème et ainsi développer tous les revenus lui étant liés, à l’instar de ce que construit Apple autour de l’iPhone.

En France, comme le note Xbox Squad, la filiale de GameStop se nomme Micromania. Elle a déjà annoncé un partenariat stratégique avec Xbox pour la vente en leasing des deux consoles, une formule nommée Xbox All Access dans laquelle est inclus un abonnement au Game Pass. Il y a donc fort à parier qu’une rémunération calquée sur celle négociée par GameStop soit également au programme pour Micromania.

Difficile de dire si tout ceci sera suffisant pour renverser, aux États-Unis ou ailleurs, la toute-puissance de PlayStation. Mais il est évident que Microsoft semble décidé à ne rien laisser au hasard, et se donne les grands moyens de ses grandes ambitions.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *